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"Une deuxième corde à mon arc"

Le début des années vingt voit une véritable révolution musicale avec l'avènement du dodécaphonisme créé par Arnold Schönberg. Il en découlera la musique sérielle dont les chefs de file seront, outre Schönberg, ses élèves Alban Berg et Anton Webern puis Pierre Boulez, contemporain de Georges Delerue.

Cette musique atonale a beaucoup perturbé le compositeur. Musicien pourtant ouvert à toute forme d'expression, il n'était pas d'accord avec cette nouveauté qu'il trouvait "stérile" pour reprendre son vocabulaire.

Concentration

Mais un créateur a toujours un doute et sa remise en question fut si violente qu'il lui fut impossible d'écrire des œuvres classiques pendant dix ans.

Après tout ce temps de réflexion, il accepta son rejet du nouveau langage et recommença à écrire dans sa propre esthétique musicale.


Divers propos du compositeur sur sa création de musique classique :

"Je suis toujours très heureux de diriger mes musiques de films aux quatre coins du monde, surtout avec des orchestres aussi différents que ceux qui existent aujourd'hui. Et c'est encore plus passionnant lorsque l'on me demande d'exécuter mes œuvres classiques. Composer de la musique est une chose mais diriger ses propres compositions est aussi un très grand bonheur."

"J'ai commencé mes études classiques au Conservatoire de Roubaix et les ai poursuivies au Conservatoire National de Paris. C'est Darius Milhaud qui a su voir en moi un compositeur fait pour le théâtre et le spectacle en général. Ce qui m'a permis par la suite de faire une carrière internationale."

"Je n'aime pas être classé dans une catégorie. La musique de film est une forme d'expression musicale comme une autre et qui se respecte."

"En France plus qu'ailleurs, on a tendance à mettre des étiquettes et la musique de film y est un peu sous estimée. Sans doute est-ce dû à l'aspect commercial du cinéma."

"En Angleterre et aux Etats-Unis, un compositeur de musique de film est considéré comme un compositeur de musique tout simplement."

"Si je devais absolument me mettre une étiquette, ce qui peut être dangereux car mal interprété, je me classerais parmi les compositeurs classiques néo-romantiques ."

"Très objectivement, lorsque je compose un thème pour un film, j'abandonne obligatoirement une petite partie de moi-même. Aussi quand j'ai envie de retrouver toute ma liberté de création, je compose un quatuor ou un concerto ou une œuvre de musique de chambre."

"J'ai toujours voulu avoir cette deuxième corde à mon arc, ce que j'ai appelé ma deuxième casquette."

"Il est évident que la construction musicale est très importante mais l'expression l'est tout autant."

"J'aime beaucoup une phrase de Debussy : "La musique est l'expression de l'inexprimable". On ne peut mieux dire."

"Lorsque j'écris de la musique classique, j'ai toujours peur d'ennuyer l'auditoire."

"Si je m'aperçois que je suis sans passion, sans excitation en écrivant, je pense que les auditeurs s'ennuieront, alors je déchire et cherche une autre idée."

"J'essaie toujours d'amener le plus de chaleur possible dans mon écriture et j'aime aussi que les choses soient dites très rapidement. Cela ne sert à rien de faire des développements interminables."

"Je voudrais que ma musique aille droit au cœur et qu'il ne soit pas obligatoire de lire la partition pour savoir ce que j'ai voulu dire. La musique est faite pour être reçue et le plus rapidement possible."

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