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A R C H I V E S

une vie, un travail, une passion...

Le Cinéma de Georges Delerue

Depuis l’origine d’Ecoutez le cinéma !, le compositeur Georges Delerue s’est imposé comme l’un des figures emblématiques de la collection, avec Le Mépris, Jules et Jim, Police Python 357, des anthologies consacrées à ses collaborations en haute-fidélité avec François Truffaut et Philippe de Broca. Ce nouvel opus prend la forme d’un luxueux coffret long box, exceptionnel tant au niveau de la forme que du contenu : six CDs, livret quarante-quatre pages, sept heures de musique, une rafale d’inédits, de partitions célèbres ou rares, dont certaines ici publiées pour la première fois. Pour mener à bien ce projet hors norme, la famille Delerue a ouvert ses archives, révélant un pan de l’œuvre deleruesque jamais mis en lumière. De la Nouvelle Vague à Platoon, de Maurice Pialat à Oliver Stone, c’est une vie d’homme et d’artiste qui se dessine au fil de ce programme au long cours. Un must définitif pour tous les amoureux de celui que le cinéaste britannique Ken Russell considérait comme «le plus grand compositeur de cinéma de tous les temps.»

Le point de mire, Lautréamont, Mister Johnson, A Man for all Seasons, The Day of the Jackal… Des films rares mais également des musiques aussi rares composées par Georges Delerue de 1962 à 1990 que vous pouvez écouter grâce à cette impressionnante anthologie musicale concue par Stéphane Lerouge et Universal Jazz en 2008 . Ce coffret/box comportant 6 cds, vous permet de faire immersion total dans l’oeuvre cinématographique du compositeur. Musiques pour le cinéma, la télévision, la radio, écoutez des classiques de Delerue mais aussi des musiques inédites. Particulièrement bien distribué et apprécié, ce coffret s’est vu attribué par l’Académie, courant 2009, un Prix Charles Cros.

« Georges Delerue possédait une qualité rare : l’art de transfigurer le travail du cinéaste. Si votre scène comique n’était pascoffret aussi amusante que prévue, Georges la rendait plus drôle. Si vous vouliez du soleil et que vous aviez la pluie, il faisait briller le soleil. Seuls Dieu et Georges Delerue peuvent accomplir ce type de miracle ! Voilà pourquoi j’ai tourné un documentaire sur Georges, comme un hommage au plus grand musicien de cinéma de tous les temps. »

Ce sont avec ces mots que le tumultueux Ken Russell, metteur en scène littéralement habité par la musique, saluait une personnalité éclatante à laquelle le relaient un portrait (Don’t Shoot the Composer), un long-métrage (Women in Love) et plusieurs années de fraternité partagée. A en croire Russell, Delerue ne possédait pas un mais plusieurs visages, à la manière de certains dieux hindous. Ces différents versants sont d’ailleurs représentés dans Ecoutez le cinéma !, depuis l’origine de la collection : Godard et Le mépris, les collaborations au long cours avec Truffaut et de Broca, le rapport au jazz (Calmos, les partitions de séries noires), l’inspiration frontalement contemporaine avec des Everest comme Police Python 357 ou Quelque part, quelqu’un.

Toutefois, à ce parcours couvrant quarante ans de cinéma international, il manquait une synthèse à grande échelle, au format hors du commun. Se lancer dans ce projet irraisonné, c’était aussi accomplir un vieux rêve : dérusher et sauvegarder l’intégralité des bandes masters des archives Delerue, précieusement conservées en France et aux Etats-Unis. Ce travail de forçat s’est étalé sur un an et demi : au rythme de six saisons, nous nous sommes donné rendez-vous à intervalles réguliers avec Colette Delerue et l’ingénieur du son Christophe Henault.

Ensemble, nous avons vécu des journées souvent exaltantes, parfois en dents-de-scie, alternant mauvaises pioches et découverte de joyaux insoupçonnés. Dans la pénombre du studio, les vénérables magnétophones Studer accueillaient des bobines qui, dans leur majorité, n’avaient pas tourné depuis plusieurs décennies. Leur état de conservation s’avérait variable, trahissant à l’occasion les ravages de l’humidité (dans ce cas, un seul traitement possible, radical : le passage au four à bandes, avec huit heures de cuisson minimum).

Pendant dix-huit mois de patience et d’opiniâtreté, nous avons réuni un à un les éléments d’un puzzle cinq mille pièces. En respectant à la lettre une méthodologie simple et basique : «Continuons à explorer les moindres recoins de cette vaste contrée. Une fois toutes les pièces collectées, nous pourrons commencer à charpenter le programme, à phosphorer sur un ordre, une structure, une forme.» Complétée par le matériel en provenance d’éditeurs français et de majors hollywoodiennes, notre longue quête a débouché sur un stockage de quatorze heures. Dès lors, il fallait élaguer, purger, lâcher du lest pour mieux prendre de l’altitude. En l’occurrence, en oubliant certains classiques édités dans la collection : Jules et Jim, Le mépris, Le Roi de cœur, La Nuit américaine, L’important c’est d’aimer etc.

Pourquoi publier à nouveau des partitions déjà disponibles… au détriment d’œuvres rares, sinon secrètes, dont ce serait l’unique opportunité d’exposition ? En choisissant de s’écarter des sentiers battus, le concept même du projet s’est déplacé : d’une anthologie généraliste, nous sommes passés à une promenade sélective, libre et sentimentale au milieu de productions américaines ou britanniques, d’incunables du court-métrage, famille d’accueil cinématographique de Delerue, d’indicatifs, téléfilms ou feuilletons enfouis au tréfonds de la mémoire. En clair, tout un pan de l’œuvre deleruesque que nous n’avions jamais imaginé mettre en lumière. Le résultat : un hommage à Delerue volontairement amputé de ses partitions les plus exploitées, certaines d’ailleurs jusqu’à la (presque) saturation. Tel est le pari, l’ambition paradoxale de ce Cinéma de Georges Delerue, sous-titré Musiques célèbres ou rares, incunables et inédits.

Tout au long de ce marathon musical, les surprises et révélations ne manquent pas, du charme vénéneux de Rapture à la séance de travail de Viva Maria ! (écoutez les pom, pom lancés par Delerue), de l’aventure en terres lointaines façon Les cavaliers à la modernité de langage des partitions destinées au court-métragiste belge Jacques Kupissonoff (pour confirmation, attaquez directement par Lautréamont). Ici, l’anecdote (la pétillante bossa écrite pour Jacques Tati) tend la main à l’essentiel (Dien Bien Phu et son concerto de l’adieu). Au fil du programme, la mosaïque se complète, s’affine, entre néo-baroque et valses des faubourgs, jazz ellingtonien et dodécaphonisme… C’est un artiste et un homme, avec sa part de clarté et d’obscurité, de certitudes et de contradictions qui se dessinent en six disques et sept heures de musique. Vous allez y retrouver des solistes fétiches (Lily Laskine à la harpe, Monique Rollin à la cithare), apprivoiser des curiosités en rafale (les indicatifs Gaumont, le petit traité d’orchestration de Point d’interrogation), succomber à la puissance d’écriture de travaux décisifs, parfois incompris par les studios, à commencer par l’hypnotique bande originale de Something Wicked This Way Comes (La foire des ténèbres), dont le lyrisme noir a effrayé les exécutifs de Walt Disney. «Et pourtant, confessait volontiers le compositeur, il s’agit sans doute de la partition la plus ambitieuse, la plus culottée que j’aie écrite aux Etats-Unis.»

Voici donc une invitation au voyage en compagnie de Georges Delerue, l’un des rares compositeurs français à passer avec autant d’aisance d’Agnès Varda à Oliver Stone, de l’expression de l’intime à celle du spectaculaire, de l’aube de Maurice Pialat au crépuscule de George Cukor, du Nouveau Roman (Les Gommes) aux cavalcades sauvages de L’Etalon noir, du Jour du chacal au Jour du dauphin. Publier cette anthologie, c’est lutter contre le temps qui rétrécit, contre la mémoire qui s’érode. C’est aussi une manière obstinée de continuer à conjuguer Georges Delerue au présent. – Stéphane Lerouge


Universal Music 531 263-0 – Écoutez le Cinéma !


Disque 1:  Les longs-métrages 1962 à 1970

1. L’amour à la chaîne (suite) (03:22) du film « L’amour à la chaine » (1964)
2. La dénonciation (suite) (05:00) du film « La dénonciation » (1962)
3. Générique (01:32)
4. Trompette dans la nuit (01:33) du film « L’autre femme » (1964)
5. Rapture (suite) (06:44) du film « Rapture » (1965)
6. Jenny et Vincent (suite) (04:58) du film « Les pianos mécaniques » (1965)
7. Opening and reunion (03:20) du film « The 25th Hour » (1967)
8. Les gommes (02:57) du film « Les Gommes » (1969)
9. Opening credits (03:46) du film « A Man for all Seasons » (1966)
10. Must it happen once to everyone? (05:21)
11. Opening credits (02:42) du film « Interlude » (1968)
12. Nobody runs forever (suite) (05:35) du film « Nobody Runs Forever » (1968)
13. Overture (02:50) du film « Anne of the Thousand Days » (1969)
14. Main Title (03:42) du film « Our Mother’s House » (1967)
15. The Revolt (03:46)
16. The Bulls (03:26) du film « Women In Love » (1969)
17. Main and End Title (05:21) du film « A Walk With Love and Death » (1969)
18. Il conformista (suite) (06:09) du film « Il Conformista » (1970)

Disque 2: Les longs-métrages 1970 à 1981

1. Main Title (02:57)
2. Just as you are, I love you (04:08) du film « The Horsemen » (1971)
3. Leningrad (alternate take) (02:51)
4. Promise at Dawn (opening credits) (02:36) du film « Promise At Dawn » (1970)
5. The Chase (03:27)
6. The Day of the Dolphin (main title) (02:16) du film « The Day of the Dolphin » (1973)
7. The Day of the Jackal (suite) (05:10) du film « The Day of the Jackal » (1973)
8. Julia (suite) (05:46) du film « Julia » (1977)
9. Va voir maman, papa travaille (03:00) du film « Va Voir Maman, Papa Travaille » (1978)
10. Le jeu du solitaire (thème principal) (03:03) du film « Le Jeu du Solitaire » (1976)
11. Danielle et Julien (03:56) du film « Point de Mire » (1977)
12. Il ne faut jamais s’attacher à ses chaussures (02:30) du film « Le Mouton noir » (1979)
13. Gambling on Love / End Title (03:08) du film « An Almost Perfect Affair » (1979)
14. Le retour du père (final) (04:28) du film « Premier Voyage » (1980)
15. Main Title (02:27) du film « A Little Sex » (1982)
16. Pour Agnès… (01:49) du film « Documenteur » (1981)
17. Main Title (02:18) du film « Richard’s Things » (1980)
18. Carrick Fergus (02:40)
19. The Barracks (03:19) du film « True Confessions » (1981)
20. Main Title (03:23) du film « The Escape Artist » (1982)
21. Rich and famous (suite) (06:51) du film « Rich and Famous (1981)

Disque 3: Les longs-métrages 1981 à 1988

1. Josépha (suite) (03:28) du film « Josépha » (1982)
2. Garde à vue (suite) (03:29) du film « Garde à vue » (1981)
3. Silkwood (suite) (04:31) du film « Silkwood » (1983)
4. Les morfalous (générique) (03:55) du film « Les Morfalous » (1984)
5. End Title (03:19) du film « Man, Woman and Child » (1983)
6. Arnaud (02:07) du film « Femmes de Personne » (1984)
7. Agnes of God (suite) (08:08) du film « Agnes of God » (1985)
8. Alec and the Black Stallion (03:10)
9. Stoaway and the clipper (02:08) du film « The Black Stallion Returns » (1983)
10. Crimes of the heart (main title) (04:29) du film « Crimes Of The Heart » (1986)
11. Finale (04:04)
12. Siege at Santa-Anna (03:09) du film « Salvador » (1986)
13. Finale (05:55) du film « Platoon » (1986)
14. Rythm to end (03:26) du film « Biloxi Blues » (1988)
15. Descente aux enfers (générique début) (03:54) du film « Descente aux Enfers » (1986)
16. Beaches (02:09)
17. The friendship theme (end title) (03:18) du film « Beaches » (1988)
18. Memories of me (end credits) (04:49) du film « Memories of Me » (1988)
19. The crime of Cain, par Joan Baez (03:19) du film « To Kill A Priest » (1988)

Disque 4: Les longs-métrages 1989 à 1992

1. Hymne à la liberté (03:52) du film « La Révolution Française » (1989)
2. Main Title (04:58) du film « Her Alibi » (1989)
3. Steel magnolias (suite) (04:12) du film « Steel Magnolias » (1989)
4. Show of force (03:38)
5. End title (03:20) du film « A Show of Force » (1990)
6. Cadence (03:58) du film « Cadence » (1990)
7. Journey begins / Daniel and Annuka (02:57)
8. Libera me (05:01) du film « Black Robe » (1991)
9. Main and End Title (05:32) du film « Man Trouble » (1992)
10. Mister Johnson’s adagio (06:04) du film « Mister Johnson » (1990)
11. Concerto de l’adieu (09:52) du film « Diên Biên Phú » (1992)
Inédits:
12. Paris et Ah, les petites femmes de Paris (02:44) du film « Viva María » (1965)
13. Opening credits (alternate version) (03:46) du film « A Man for all Seasons » (1966)
14. Bossa pour Monsieur Hulot (02:11) du film « Playtime » (1967)
15. Ballade pour guitare (02:14) du film « La Petite Sirène » (1980)
16. Suite (10:01) du film « Something Wicked This Way Comes » (1983)

Disque 5: Les courts-métrages 1961 à 1990

1. Les Guêpes (03:38) du film « Les guèpes » (1961)
2. Le miracle des Ailes (02:05) du film « Le Miracle des Ailes » (1961)
3. L’Opéra-Mouffe / Joyeuses fêtes (02:34) du film « L’Opéra-Mouffe » (1958)
4. Générique (03:27) du film « L’Amour existe » (1960)
5. Le balayeur (02:47) du film « Le Balayeur » (1961)
6. La naturalisée (02:31) du film « La Naturalisée » (1962)
7. Le prince de Ligne (02:33) du film « Le Prince de Ligne » (1962)
8. Les tableaux de la rue (03:07) du film « Les Tableaux de la rue »
9. Routes sans Sillage (02:43) du film « Routes sans Sillage » (1963)
10. Apparences (02:26) du film « Apparences » (1964)
11. Valse nostalgique (02:30) du film « Paris au Temps des Cerises » (1966)
12. Le Monde des Marais (02:33) du film « Le Monde des Marais » (1963)
13. Le Violon de Crémone (03:22) du film « Le Violon de Crémone » (1967)
14. Au Verre de l’Amitié (02:01) du film « Au Verre de l’Amitié » (1970)
15. Lautréamont (03:51) du film « Lautréamont » (1972)
16. Born Without Prejudice (02:45) du film « Born Without Prejudice » (1990)
17. Our World (finale) (02:30) du film « Our World » (1967)
18. Radioscopie du film « Radioscopie » (1969)
19. Trois indicatifs de Gaumont
20. Appel et thème d’Air France
21. Huit variations autour d’un thème du film « Point d’Interrogation » (1975)
22. Inforum du film « Inforum » (1987)

Disque 6: Télévision 1968 à 1990

1. Thème des croisades et de Thibaud (03:23) du film « Thibaud ou les Croisades » (1967)
2. La France vue du ciel (03:15) du film « Mauregard » (1970)
3. Générique (02:32)
4. Conspiration (03:43)
5. Mahaut d’Artois (03:06) du film « Les Rois maudits » (1972/1973)
6. Fanny (02:03) du film « Adieu mes quinze ans » (1971)
7. Générique (03:35)
8. Himalaya (02:25) du film « La Cloche thibétaine » (1975)
9. Générique (03:15) du film « Là-haut, les quatre saisons » (1973)
10. Lancelot du Lac (suite) (04:20) du film « Lancelot du Lac » (1969)
11. Générique (02:21) du film « L’Éducation sentimentale » (1973)
12. Générique fin (01:30)
12 from « Fortune » (1967)
13. Générique fin (02:44) du film « Splendeurs et misères des courtisanes » (1975)
14. Arkim et Tolrak (03:37)
15. Zarko (02:22) du film « Les Visiteurs » (1980)
16. L’univers de Fantômas (06:17) du film « Fantômas » (1980)
17. Suite Edgar Poe (04:08) du film « La Lettre Volée » et « La Chute de la Maison Usher » (1980/81)
18. L’oiseau bleu (suite) (04:18) du film « L’Oiseau bleu » (1981 episode of « Mon meilleur Noël)
19. End credits (03:19) du film « The Josephine Baker Story » (1991)
20. Stellaire 3 (02:13)
21. Stellaire 1 (06:07) du film « Tours du Monde, Tours du Ciel » (1991)

Avec les témoignages d’Agnès Varda, Bernardo Bertolucci, Claude Miller, Dan Carlin, Howard Shore, Norman Jewison, Bruce Beresford, Pierre Schoendoerffer
Conception et réalisation : Stéphane Lerouge
Conception graphique : Jérôme Witz / Gilles Guerlet / e-lements
Mastering et restauration sonore : Alexis Frenkel, Christophe Henault, Art et Son Studio   

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